Communiqué – Press release

Aujourd’hui et pendant trois jours, le colloque Historical Materialism Paris rassemble des chercheur-euses et militant-es pour une analyse critique. Dans le contexte du génocide à Gaza, cette première édition met les pensées anti-racistes et décoloniales au centre. Des événements récents ont conduit à la délocalisation de plénières et à l’annulation de la participation de figures importantes. Découvrez comment le comité d’organisation a réagi à ces pressions et pourquoi la liberté d’expression est cruciale dans le milieu académique.

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Communiqué

Aujourd’hui et pendant trois jours, le colloque Historical Materialism Paris réunit des centaines de chercheur-euses et de militant-es qui produisent une analyse critique s’inscrivant dans divers courants du marxisme, et qui échangent collectivement dans une atmosphère chaleureuse. Dans le contexte du génocide en cours à Gaza, cette première édition de HM Paris avait à cœur de donner une place centrale aux pensées anti-racistes, anti-impérialistes et décoloniales. De nombreuses communications traitent de ces sujets pendant trois jours.

Le comité d’organisation du colloque Historical Materialism Paris tient à revenir sur les événements qui ont amené à la délocalisation des plénières et à l’annulation de la venue de Houria Bouteldja, des militant-es de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue et des militant-es des Soulèvements de la Terre.

Dans le cadre de l’organisation du colloque, nous avons échangé avec la Présidence de l’Université Paris Dauphine qui nous avait signifié à l’oral que l’ensemble des intervenant-es prévu-es pourraient s’exprimer, y compris les Soulèvements de la Terre, l’AFA et Houria Bouteldja. Une semaine avant l’ouverture du colloque, visiblement en réaction à une campagne de diffamation et de pression sur les réseaux sociaux de la part de militant-es sionistes et d’extrême-droite, la Présidence a exigé que soient retirés du programme les SdT, l’AFA et Houria Bouteldja, ce que le comité d’organisation a clairement refusé en dénonçant, dans un courrier qui n’a pas été rendu public, l’ingérence de la Présidence de l’université dans le contenu du colloque organisé par des universitaires.

Face à la pression exercée par la présidence de l’université, le comité d’organisation a déployé beaucoup d’efforts, dans l’urgence, pour s’assurer que ce colloque, réunissant plus de 400 intervenant-es et 1800 inscrit-es, dont de nombreuses personnes venant de l’étranger, soit maintenu tout en s’assurant que l’ensemble des personnes prévues au programme puisse s’exprimer.

À notre demande, le secrétariat de l’UD CGT 75 a accepté de reprogrammer deux plénières à la Bourse du travail de Paris. Nos interlocuteurs au sein de la Bourse du travail n’ont toutefois n’a pas accepté d’accueillir le panel où était censé intervenir Houria Bouteldja. Nous nous dissocions clairement de ce choix, qui est à l’opposé du débat démocratique nécessaire au sein des mouvements sociaux et antiracistes.

Suite à ce refus, le comité d’organisation a proposé, toujours dans l’urgence, deux autres solutions aux intervenant-es de ce panel, qui les ont refusées. Houria Bouteldja a décidé de retirer sa participation au colloque sans appeler à boycotter l’événement. Les autres intervenant-es du panel ont eux maintenu leur communication qui aura lieu à l’heure et au lieu initialement prévus, à l’Université Paris-Dauphine. L’AFA et les Soulèvements de la terre ont aussi choisi de retirer leur participation, ce que nous regrettons.

Nous dénonçons fermement l’atittude de la Présidence de Dauphine qui a cédé à la pression de l’extrême-droite et au climat autoritaire plus largement. Il est scandaleux qu’une présidence s’autorise à intervenir sur le programme d’un colloque organisé par des universitaires, au mépris de la liberté académique et de la liberté d’expression en général. Dans un contexte de montée des courants d’extrême-droite et fascistes, et de répression contre les universités dans de nombreux pays, il est particulièrement grave de constater que les portes-paroles de mouvements écologistes et antifascistes soient déclarés persona non grata dans une enceinte universitaire, et qu’une militante décoloniale ait eu à subir une double censure.

Nous défendons la nécessité d’espaces de débats pour les pensées critiques dans leur diversité. HM Paris se veut être un de ces espaces et continuera à l’être.


Press release

Today, for three days, the Historical Materialism Paris symposium bring together hundreds of researchers and activists to produce critical analysis based on various currents of Marxism, and to exchange ideas in a warm and friendly atmosphere. In the context of the ongoing genocide in Gaza, this first edition of HM Paris was keen to give a central place to anti-racist, anti-imperialist and decolonial thought. Numerous papers dealt with these subjects over three days.

The organizing committee of the Historical Materialism Paris conference would like to go back over the events that led to the relocation of the plenary sessions and the cancellation of Houria Bouteldja, activists from Action Antifasciste Paris-Banlieue and activists from Soulèvements de la Terre.

As part of the organization of the conference, we exchanged with the Dean of Dauphine University, who informed us verbally that all the planned speakers would be able to speak, including Soulèvements de la Terre, AFA and Houria Bouteldja. A week before the opening of the conference, clearly in reaction to a campaign of defamation and pressure on social networks from Zionist and far-right activists, the management of the university demanded that the SdT, AFA and Houria Bouteldja be withdrawn from the program. The organizing committee clearly refused, denouncing in a letter that has not been made public the interference of the Dean of the university in the content of the colloquium organized by academics.

Against the pressure from the management of the university, the organizing committee worked hard, in a hurry, to ensure that this conference, which brought together over 400 speakers and 1800 participants, including many from abroad, would be maintained, while ensuring that everyone on the program would be able to speak.

At our request, the secretariat of the UD CGT 75 agreed to reschedule two plenary sessions at the Paris Bourse du Travail. However, our contacts at the Bourse du Travail did not agree to host the panel where Houria Bouteldja was supposed to speak. We clearly dissociate ourselves from this choice, which runs counter to the democratic debate needed within social and anti-racist movements.

Following this refusal, the organizing committee urgently proposed two other solutions to the panelists, who rejected them. Houria Bouteldja decided to withdraw from the conference, without calling for a boycott. The other speakers on the panel, on the other hand, have maintained their presentations, which will take place at the time and place originally scheduled, at the Université Paris-Dauphine. The AFA and Soulèvements de la terre have also chosen to withdraw their participation, which we regret.

We firmly denounce the attitude of the management of Dauphine University, which gave in to pressure fromthe far-right and to the authoritarian climate more generally. It is scandalous that the management of the university should allow themselves to intervene in the program of a conference organized by academics, in defiance of academic freedom and freedom of expression in general. In a context of rising far-right andfascist currents, and repression against universities in many countries, it is particularly serious that the spokespersons of environmental and anti-fascist movements should be declared persona non grata in a university, and that a decolonial activist should have to endure double censorship.

We defend the need for spaces of debate for critical thought in all its diversity. HM Paris aims to be such a space, and will continue to be so.